
Article #2 - Comprendre la dualité linguistique : deux langues officielles, plusieurs façons de vivre son identité

Par: Geneviève Kyle-Lefebvre
Directrice Générale, Société francophone de Maillardville
Niveau: Français Intermédiaire
Article pour les étudiants: Devenir journaliste et pour le club de lecture intermédiaire du 17 septembre

Au Canada, on entend souvent parler de la dualité linguistique. C’est une expression qui peut sembler compliquée au début, surtout pour les jeunes. Pourtant, elle touche quelque chose de très concret : la place du français et de l’anglais dans notre pays, dans nos communautés et parfois même dans notre vie de tous les jours.
La dualité linguistique signifie que le Canada reconnaît officiellement deux langues : le français et l’anglais. Selon la Charte canadienne des droits et libertés, le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada et ont un statut égal dans les institutions du Parlement et du gouvernement fédéral. Cela veut dire que ces deux langues ont une place reconnue dans les services, les lois et les institutions du pays.
Mais attention : la dualité linguistique ne veut pas dire que chaque personne au Canada parle parfaitement les deux langues. Elle ne veut pas dire non plus que toutes les régions du pays vivent le français et l’anglais de la même façon. Dans certaines provinces ou certains quartiers, le français est très présent. Dans d’autres, c’est surtout l’anglais qu’on entend dans les rues, les magasins, les sports, les médias et les services. La dualité linguistique parle donc d’un principe national, mais elle se vit différemment selon l’endroit où l’on habite.
Pour bien comprendre, il faut faire la différence entre dualité linguistique et bilinguisme personnel. La dualité linguistique concerne le pays, ses institutions et la reconnaissance officielle du français et de l’anglais. Le bilinguisme personnel concerne une personne qui peut parler deux langues. Une personne peut vivre dans un pays officiellement bilingue sans parler parfaitement les deux langues. À l’inverse, une personne peut être bilingue ou même multilingue dans un pays qui n’a pas deux langues officielles.
Au Canada, la dualité linguistique est liée à l’histoire du pays. Des communautés francophones et anglophones se sont développées sur le territoire depuis longtemps. Au fil du temps, cette réalité a mené à des lois, des institutions et des droits linguistiques. La Loi sur les langues officielles vise notamment à assurer le respect du français et de l’anglais comme langues officielles du Canada et à soutenir leur égalité de statut dans les institutions fédérales.
Pour les jeunes, cette idée peut parfois sembler loin de leur quotidien. Pourtant, elle est très présente. Elle se voit dans les écoles, dans les services gouvernementaux, dans les panneaux, dans les médias, dans les festivals, dans la musique, dans les livres, dans les films, dans les activités communautaires et dans les choix que l’on fait chaque jour. Parler français, apprendre l’anglais, lire dans une langue, regarder une émission dans une autre, aider un ami à comprendre une expression ou participer à une activité francophone sont toutes des façons de vivre la dualité linguistique.
En Colombie-Britannique, cette réalité est particulière. Le français est une langue officielle du Canada, mais il est minoritaire dans la province. Selon Statistique Canada, en 2021, seulement 1,1 % de la population de la Colombie-Britannique avait le français comme première langue officielle parlée, tandis que 95,3 % avait l’anglais comme première langue officielle parlée. Le taux de bilinguisme français-anglais en Colombie-Britannique était de 6,6 %.
Ces chiffres nous aident à comprendre pourquoi les espaces francophones sont importants. Quand une langue est minoritaire dans une région, elle a besoin d’endroits pour vivre. Elle a besoin d’écoles, d’activités, de livres, de spectacles, de camps, de clubs, de médias, de festivals et d’organismes communautaires. Sans ces espaces, il devient plus difficile pour les jeunes de parler français naturellement, surtout à l’extérieur de la maison ou de l’école.
C’est ici que la communauté joue un rôle essentiel. Une langue ne vit pas seulement dans les manuels scolaires. Elle vit dans les conversations, les chansons, les blagues, les recettes, les histoires de famille, les messages textes, les films, les jeux, les ateliers et les rencontres. Une langue reste vivante quand les gens l’utilisent pour créer des liens.
À Maillardville, la dualité linguistique prend une signification très concrète. Maillardville est reconnue comme un lieu important de l’histoire francophone en Colombie-Britannique. La Ville de Coquitlam décrit Maillardville comme une communauté franco-canadienne importante dans l’Ouest canadien et comme un centre francophone historique. La Société francophone de Maillardville, fondée en 1983, a pour mission de promouvoir, représenter et défendre les droits et les intérêts des francophones de Maillardville et des environs, tout en maintenant la langue et la culture canadienne-française.
Pour un jeune qui grandit dans une communauté comme Maillardville, la dualité linguistique peut être une richesse, mais aussi un défi. Elle peut être une richesse parce qu’elle ouvre des portes. Parler ou comprendre deux langues permet de communiquer avec plus de personnes, de découvrir plus de cultures, de voyager plus facilement, de lire plus de choses, d’écouter plus de musique et d’avoir plus de possibilités dans le futur. Le gouvernement du Canada présente aussi la dualité linguistique comme une façon de rapprocher les Canadiens des deux groupes linguistiques et d’encourager l’apprentissage et l’utilisation d’une langue seconde.
Mais cela peut aussi être un défi. Un jeune francophone peut parfois se demander pourquoi il devrait continuer à parler français si presque tout autour de lui se passe en anglais. Il peut se sentir gêné de parler français en public. Il peut avoir peur de faire des erreurs. Il peut avoir l’impression que le français appartient seulement à l’école, aux parents ou aux grands-parents. Il peut aussi se demander si son français est assez bon, surtout s’il mélange parfois des mots anglais et français.
Ces questions sont normales. Grandir dans deux langues, ce n’est pas toujours simple. On peut se sentir entre deux mondes. On peut changer de langue selon les personnes avec qui on parle. On peut vivre une partie de son identité en français et une autre en anglais. Mais cette réalité ne rend pas une personne moins francophone. Elle montre plutôt que l’identité linguistique est vivante. Elle se transforme, elle s’adapte et elle grandit avec nous.
La dualité linguistique nous invite aussi à respecter les différentes réalités. Certains jeunes parlent français à la maison. D’autres apprennent le français à l’école. Certains ont un parent francophone et un parent anglophone. Certains viennent de familles où l’on parle aussi une troisième langue. D’autres découvrent le français plus tard, par curiosité ou par amitié. Toutes ces expériences peuvent faire partie d’une communauté francophone et francophile.
Il est aussi important de rappeler que la dualité linguistique ne veut pas dire que seules deux langues comptent. Le Canada est un pays où plusieurs langues sont parlées. Il y a des langues autochtones, des langues immigrantes, des langues familiales et des langues apprises. La dualité linguistique parle du statut officiel du français et de l’anglais dans les institutions fédérales, mais elle peut aussi nous aider à réfléchir à l’importance de respecter toutes les langues. Chaque langue porte une histoire, une mémoire et une façon de voir le monde.
Le français, par exemple, n’est pas seulement un moyen de communication. C’est aussi une culture. C’est une façon de raconter des histoires, de chanter, de rire, de penser, de cuisiner, de célébrer et de transmettre. Quand une personne parle français avec ses parents, ses grands-parents, ses amis ou sa communauté, elle ne fait pas seulement utiliser des mots. Elle participe à une continuité. Elle aide une langue à rester présente.
C’est pourquoi les activités francophones sont importantes pour les jeunes. Un club de lecture, un camp d’été, un spectacle, un festival, un atelier, une activité familiale ou une discussion en français peuvent sembler simples. Mais ces moments créent de la confiance. Ils montrent aux jeunes qu’ils ne sont pas seuls. Ils leur permettent de pratiquer le français dans un contexte plus naturel, sans que ce soit seulement une obligation scolaire.
La dualité linguistique est aussi liée à la citoyenneté. Comprendre les deux langues officielles du Canada, c’est mieux comprendre le pays. C’est comprendre qu’il existe plusieurs réalités linguistiques. C’est apprendre à écouter des personnes qui ne vivent pas exactement la même expérience que nous. C’est reconnaître que les droits linguistiques ne sont pas seulement des mots dans une loi. Ils existent pour permettre à des communautés de continuer à vivre, à participer et à se développer.
Pour les jeunes, cette compréhension peut devenir une force. Un jeune qui comprend la dualité linguistique peut mieux expliquer pourquoi le français est important en Colombie-Britannique. Il peut mieux défendre sa place dans une activité, dans une école, dans un projet ou dans une conversation. Il peut aussi devenir un pont entre les langues. Il peut aider quelqu’un à se sentir inclus. Il peut traduire une idée, expliquer une tradition ou inviter un ami anglophone à découvrir une activité en français.
Cela ne veut pas dire qu’il faut être parfait. Une langue n’a pas besoin d’être parfaite pour être vivante. On peut chercher ses mots. On peut faire des erreurs. On peut avoir un accent. On peut oublier une expression. Ce qui compte, c’est de continuer à utiliser la langue. Plus on parle, plus on devient à l’aise. Plus on participe, plus on sent que la langue nous appartient.
À Maillardville, chaque jeune qui participe à une activité en français contribue à quelque chose de plus grand que lui. Il contribue à une histoire locale. Il aide à garder vivante une présence francophone qui existe depuis plusieurs générations. Il montre que le français n’est pas seulement une langue du passé, mais aussi une langue du présent et de l’avenir.
La dualité linguistique, finalement, ce n’est pas seulement une question de lois ou de services. C’est une question de lien. Un lien entre les personnes, entre les générations, entre les régions, entre l’histoire et l’avenir. C’est la possibilité de vivre dans un pays où deux langues officielles peuvent exister ensemble, se répondre, se compléter et enrichir la vie collective.
Pour les jeunes, comprendre la dualité linguistique, c’est comprendre qu’ils ont un rôle à jouer. Ils peuvent choisir de parler français plus souvent. Ils peuvent poser des questions à leurs parents ou à leurs grands-parents. Ils peuvent écouter de la musique en français. Ils peuvent participer à des activités francophones. Ils peuvent inviter leurs amis à découvrir cette culture. Ils peuvent être fiers de parler une langue qui fait partie de leur communauté et de leur pays.
En résumé, la dualité linguistique signifie que le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Canada. Mais dans la vie réelle, elle signifie beaucoup plus. Elle parle d’identité, de respect, d’histoire, de transmission et de participation. Elle nous rappelle que les langues vivent seulement si les personnes les utilisent, les partagent et les transmettent.
À Maillardville, cette idée est particulièrement importante. Le français continue de vivre grâce aux familles, aux écoles, aux organismes, aux bénévoles, aux artistes, aux aînés et aux jeunes. Chaque fois qu’un jeune choisit de parler français, de lire en français, de chanter en français ou de participer à une activité en français, il aide à écrire la suite de cette histoire.
La dualité linguistique n’est donc pas seulement une réalité canadienne. C’est aussi une invitation. Une invitation à connaître notre histoire, à respecter les langues, à être curieux, à participer et à transmettre. Pour les jeunes, c’est une occasion de comprendre que leur voix compte, dans une langue comme dans l’autre.

Questions de compréhension et de réflexion
- Dans tes mots, qu’est-ce que la dualité linguistique?
- Quelle est la différence entre la dualité linguistique et le bilinguisme personnel?
- Pourquoi le français et l’anglais ont-ils une place officielle au Canada?
- Pourquoi le français est-il plus difficile à maintenir dans une province comme la Colombie-Britannique?
- Pourquoi les écoles, les festivals, les camps et les activités en français sont-ils importants?
- Est-ce qu’une langue est seulement un outil pour communiquer? Explique ta réponse.
- Pourquoi peut-on dire que parler français à Maillardville aide à continuer une histoire?
- Comment les jeunes peuvent-ils participer à la vie francophone de leur communauté?
- Pourquoi est-ce important de respecter les autres langues, même si le Canada a deux langues officielles?
- Quelle phrase de l’article t’a le plus fait réfléchir? Pourquoi?
Questions sur Maillardville
- Pourquoi Maillardville est-il un bon exemple pour parler de la dualité linguistique?
- Quelle place le français occupe-t-il dans l’histoire de Maillardville?
- Pourquoi est-ce important d’avoir des activités en français à Maillardville?
- Comment les jeunes peuvent-ils participer à la vie francophone de Maillardville?
- Pourquoi les organismes communautaires sont-ils importants pour les francophones?
- Que peut faire une communauté pour aider les jeunes à parler français plus souvent?
- Pourquoi les festivals, les clubs et les camps en français sont-ils utiles?
- Comment les aînés peuvent-ils aider à transmettre la langue française aux jeunes?
Questions de réflexion personnelle
- Quelle langue parles-tu le plus souvent dans ta vie quotidienne?
- Est-ce que tu te sens à l’aise de parler français en public? Pourquoi?
- Est-ce que tu penses que parler deux langues peut changer ta façon de voir le monde?
- Pourquoi certaines personnes arrêtent-elles de parler leur langue avec le temps?
- Est-ce que tu crois qu’une langue peut faire partie de l’identité d’une personne?
- Qu’est-ce que le français représente pour toi?
- Est-ce que tu trouves que les jeunes ont assez d’occasions de parler français?
- Quelle activité pourrait te donner envie de parler plus souvent français?
- Est-ce que tu trouves important de garder le français vivant? Pourquoi?
- Que dirais-tu à un jeune qui pense que le français n’est pas utile?
Questions de discussion en groupe
- Est-ce que le Canada devrait continuer à protéger ses deux langues officielles? Pourquoi?
- Est-ce que les jeunes ont une responsabilité dans la transmission du français?
- Est-ce que parler français peut être une force dans une province majoritairement anglophone?
- Comment peut-on rendre les activités francophones plus intéressantes pour les jeunes?
- Est-ce que la dualité linguistique est une richesse ou un défi?
- Comment peut-on inclure les jeunes qui comprennent le français, mais qui ont peur de le parler?
- Est-ce que les réseaux sociaux peuvent aider à garder une langue vivante?
- Comment une communauté peut-elle célébrer plusieurs langues tout en protégeant le français?
Questions de pensée critique
- Pourquoi une langue minoritaire a-t-elle besoin de soutien?
- Est-ce qu’une langue peut disparaître d’une communauté? Explique.
- Pourquoi les lois ne suffisent-elles pas toujours à protéger une langue?
- Quelle est la différence entre apprendre une langue à l’école et la vivre dans une communauté?
- Est-ce qu’une personne peut être francophone même si elle fait des erreurs en français?
- Pourquoi certaines personnes se sentent-elles gênées de parler leur langue?
- Comment les médias, la musique et les films peuvent-ils influencer la langue qu’on utilise?
- Est-ce que le bilinguisme est seulement utile pour le travail, ou aussi pour la culture et l’identité?
Questions vrai ou faux
- La dualité linguistique signifie que le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Canada.
- Tous les Canadiens parlent parfaitement français et anglais.
- Le français est majoritaire dans toutes les provinces du Canada.
- Une langue peut transmettre une culture.
- Les jeunes peuvent aider à garder le français vivant.
- Le bilinguisme personnel et la dualité linguistique veulent dire exactement la même chose.
- Les activités communautaires peuvent aider les jeunes à parler français.
- Une personne doit parler un français parfait pour participer à une communauté francophone.
Questions de mise en situation
- Tu as un ami qui comprend le français, mais qui a peur de le parler. Que peux-tu faire pour l’encourager?
- Tu organises une activité pour aider les jeunes à parler français. Quelle activité proposes-tu?
- Un nouvel élève arrive dans ta communauté et veut pratiquer son français. Comment peux-tu l’aider?
- Tu entends quelqu’un dire que le français n’est pas utile en Colombie-Britannique. Que lui réponds-tu?
- Tu dois expliquer la dualité linguistique à un enfant plus jeune. Quels mots simples utiliserais-tu?
- Tu veux convaincre ton école d’organiser plus d’activités en français. Quels arguments donnerais-tu?
Questions d’écriture
- Écris un paragraphe sur ce que la langue française représente pour toi.
- Écris une lettre à un ami pour l’inviter à participer à une activité francophone.
- Écris un court texte expliquant pourquoi Maillardville est importante pour la francophonie.
- Écris un paragraphe sur les avantages de parler deux langues.
- Écris une réflexion sur cette phrase : Une langue vit quand on l’utilise.
- Écris une courte histoire où un jeune découvre l’importance de parler français.
- Écris cinq conseils pour aider les jeunes à pratiquer le français.
- Écris un slogan pour encourager les jeunes à parler français.
Questions pour débat
- Est-ce que les jeunes devraient avoir plus d’activités en français en dehors de l’école?
- Est-ce que parler deux langues donne plus de confiance?
- Est-ce que les parents, les écoles ou les jeunes ont le plus grand rôle dans la transmission du français?
- Est-ce que les réseaux sociaux aident ou nuisent à la langue française?
- Est-ce qu’une communauté peut être bilingue tout en protégeant une langue minoritaire?
- Est-ce que le français devrait être plus visible dans l’espace public en Colombie-Britannique?
Questions de conclusion
- Quelle est l’idée principale de l’article?
- Quelle chose nouvelle as-tu apprise?
- Quelle question te reste après la lecture?
- Quelle action pourrais-tu poser cette semaine pour utiliser davantage le français?
- Pourquoi la dualité linguistique est-elle importante pour les jeunes?
- Comment peux-tu contribuer à l’avenir du français dans ta communauté?
