
Article #4 - Plus qu'un festival : comment le Festival du Bois fait désormais partie de l'histoire des gens
Par: Sabrina Christie
Directrice du CA, Société francophone de Maillardville
Niveau: Français Intermédiaire
Article pour les étudiants: Devenir journaliste et pour le club de lecture intermédiaire du 17 septembre
Il y a des endroits qui entrent dans notre vie bien avant que l’on réalise à quel point ils vont la transformer.
En 2010, je me suis inscrite comme bénévole au Festival du Bois pour plusieurs raisons. Arrivée au Canada depuis moins de deux ans, je voulais découvrir davantage la culture canadienne-française, rencontrer d’autres francophones et mieux connaître la musique francophone d’ici. J’ai toujours aimé la musique et les arts, et après avoir passé mes dix-huit premiers mois au Canada à bâtir notre nouvelle vie, j’avais enfin le temps d’explorer.
À cette époque, nous habitions à Kitsilano et Coquitlam me semblait très loin. Pourtant, ce ne l’était pas vraiment. Je prenais mon vélo, longeais le magnifique Seawall jusqu’à Science World, puis je montais dans le SkyTrain jusqu’à la station Braid. À peine une heure après avoir quitté la maison, j’arrivais au Festival du Bois.
Dès mon arrivée, j’ai su que j’avais pris la bonne décision. La musique, l’ambiance et l’accueil chaleureux de tous les bénévoles et festivaliers m’ont immédiatement fait sentir chez moi. Ce que j’ignorais à ce moment-là, c’est que cette simple journée de bénévolat allait marquer le début d’une histoire qui continue encore aujourd’hui.
C’est là que j’ai rencontré Lucie, une Française arrivée en Colombie-Britannique un an avant moi. Nous sommes rapidement devenues de très bonnes amies. Peu de temps après, elle et son conjoint ne faisaient plus seulement partie de mes amis du festival : ils partageaient notre repas de l’Action de grâce en famille. Voilà toute la magie du Festival du Bois. Une simple journée de bénévolat peut devenir une amitié qui dure toute une vie.
Quelques années plus tard, j’ai eu le privilège de travailler pour le Festival du Bois. Ce fut l’un de ces emplois où l’on oublie presque que l’on travaille, tant l’équipe était passionnée, créative, accueillante et inspirante. J’avais toujours hâte d’aller travailler.
C’est également durant cette période que j’ai développé d’autres amitiés précieuses. J’y ai même rencontré notre formidable courtier immobilier, Léo Bruneau de Team Leo. Nous avions déjà acheté notre premier condo à Coquitlam avec un autre courtier, mais lorsque le moment est venu de trouver une maison en rangée pour notre famille grandissante, j’ai fait appel à Léo. Lui et son équipe ont été extraordinaires. Quelques mois plus tard, nous étions installés dans la maison parfaite pour notre famille. Douze ans plus tard, nous y habitons toujours avec le même bonheur.
Si je raconte cette histoire aujourd’hui, c’est parce qu’elle explique pourquoi, lorsque l’on m’a invitée à me joindre au conseil d’administration de la Société francophone de Maillardville l’an dernier, accepter m’a semblé tout à fait naturel. Après tout ce que cette organisation m’avait apporté au fil des années, j’avais envie, à mon tour, de redonner à ma communauté.
En repensant à l’édition 2026 du Festival du Bois, je ressens une immense fierté. Bien sûr, la fréquentation a été excellente, la programmation musicale exceptionnelle et l’ambiance inoubliable. Mais ce qui me rend le plus fière est quelque chose que la majorité des visiteurs n’a probablement jamais vu.
Cette année, le Festival du Bois a démontré qu’il est possible de célébrer la culture tout en prenant soin de notre communauté et de notre environnement.
Grâce à un partenariat avec Food Link Society, tout a été mis en œuvre afin que les surplus alimentaires encore propres à la consommation soient récupérés et redistribués plutôt que jetés. Sous le leadership de notre directrice générale et grâce à l’engagement de nombreux bénévoles, des aliments qui auraient normalement été perdus ont plutôt permis d’aider des personnes en situation d’itinérance à Coquitlam ainsi que d’autres personnes vivant une situation d’insécurité alimentaire dans notre communauté.
Si vous étiez présents au festival le dimanche soir, alors que les activités tiraient à leur fin, vous auriez assisté à une scène profondément touchante. Au lieu de simplement ranger le matériel et rentrer à la maison, les bénévoles emballaient soigneusement chaque chaudron de soupe, chaque tourtière et chaque aliment encore parfaitement consommable. Tout était préparé avec soin afin d’être livré à un refuge local.
Ce geste peut sembler simple. Pourtant, il représente parfaitement les valeurs du Festival du Bois : la solidarité, la générosité et la conviction que la bonne nourriture doit nourrir des personnes, jamais les sites d’enfouissement.
Et cela est plus important que jamais.
En Colombie-Britannique, le gaspillage alimentaire demeure un défi environnemental majeur. Une importante partie des déchets envoyés aux sites d’enfouissement est composée de matières organiques. Lorsque des aliments encore comestibles sont jetés, ils produisent du méthane, un puissant gaz à effet de serre, alors que des personnes, dans nos propres communautés, peinent à mettre de la nourriture sur leur table. La meilleure solution n’est pas seulement le compostage. La meilleure solution est de s’assurer que les aliments nourrissent d’abord des personnes.
Les festivals sont souvent évalués en fonction de leurs ventes de billets, de leurs artistes ou de leurs retombées économiques. Bien sûr, ces éléments sont importants.
Mais je crois qu’ils devraient aussi être mesurés par les valeurs qu’ils laissent derrière eux.
Cette année, le Festival du Bois nous a démontré que le développement durable n’est pas seulement un mot à la mode. C’est un choix. C’est une façon de planifier différemment. C’est bâtir des partenariats solides. C’est refuser de laisser de la nourriture parfaitement bonne être gaspillée lorsqu’elle peut améliorer la journée, ou même la vie, de quelqu’un.
Lorsque je repense au chemin parcouru depuis cette première journée de bénévolat il y a plus de quinze ans, je ne pourrais être plus fière de ce qu’est devenu le Festival du Bois.
Le Festival du Bois célèbre depuis toujours la culture francophone.
Aujourd’hui, il démontre aussi que la culture, la communauté et la compassion peuvent travailler ensemble pour créer quelque chose de beaucoup plus grand qu’un simple festival.
Parce qu’au fond, les meilleurs festivals ne se contentent pas de rassembler les gens pendant une fin de semaine.
Ils laissent leur communauté meilleure qu’ils ne l’ont trouvée.
Questions de compréhension
- Pourquoi l'auteure s'est-elle inscrite comme bénévole au Festival du Bois en 2010?
- Comment se rendait-elle au festival depuis Kitsilano?
- Quelle personne importante a-t-elle rencontrée lors de sa première journée de bénévolat?
- Pourquoi cette amitié est-elle importante dans son histoire?
- Quel rôle a-t-elle occupé quelques années plus tard?
- Pourquoi a-t-elle accepté de se joindre au conseil d'administration de la Société francophone de Maillardville?
- Quel partenariat a permis de récupérer les surplus alimentaires?
- Que faisaient les bénévoles le dimanche soir après la fin du festival?
- Pourquoi le méthane est-il mentionné dans l'article?
- Quel message principal l'auteure souhaite-t-elle transmettre?
Questions de réflexion personnelle
- As-tu déjà fait du bénévolat? Qu'en as-tu retiré?
- Pourquoi certaines expériences marquent-elles une vie?
- As-tu déjà rencontré quelqu'un qui est devenu un ami grâce à une activité?
- Que signifie « redonner à sa communauté » pour toi?
- Si tu pouvais être bénévole dans un festival, lequel choisirais-tu? Pourquoi?
- Pourquoi est-il important d'aider les autres même lorsqu'on n'y est pas obligé?
- Quelle valeur (solidarité, générosité, compassion, accueil...) est la plus importante selon toi?
- Comment aimerais-tu contribuer à ta communauté plus tard?
Questions de discussion de groupe
- Pourquoi le bénévolat est-il important dans une communauté?
- Est-ce qu'un simple geste peut changer la vie de quelqu'un?
- Comment un festival peut-il avoir un impact qui dépasse la musique?
- Pourquoi est-il important de créer des liens dans une nouvelle communauté?
- Une organisation devrait-elle mesurer son succès autrement que par ses revenus?
- Comment peut-on rendre une communauté plus accueillante?
Questions de pensée critique
- Pourquoi l'auteure raconte-t-elle son histoire personnelle au lieu de seulement parler du festival?
- Quels sont les avantages du bénévolat pour la personne qui donne de son temps?
- Pourquoi les partenariats sont-ils importants pour réaliser de grands projets?
- Comment le Festival du Bois démontre-t-il que développement durable et culture peuvent aller ensemble?
- Pourquoi les visiteurs n'ont-ils peut-être pas remarqué le travail des bénévoles?
- Selon toi, pourquoi certaines actions importantes passent-elles souvent inaperçues?
Questions Vrai ou faux
- L'auteure habitait déjà à Coquitlam lorsqu'elle est devenue bénévole. (Faux)
- Elle est arrivée au Canada depuis moins de deux ans lorsqu'elle s'est inscrite comme bénévole. (Vrai)
- Le Festival lui a permis de créer des amitiés durables. (Vrai)
- Les surplus alimentaires étaient envoyés directement au compost. (Faux)
- Les bénévoles ont préparé les aliments pour les remettre à un refuge local. (Vrai)
- Le développement durable est présenté comme un choix. (Vrai)
- Le Festival est seulement évalué selon ses ventes de billets. (Faux)
- L'auteure siège maintenant au conseil d'administration de la Société francophone de Maillardville. (Vrai)
Questions de mise en situation
- Tu viens d'arriver dans une nouvelle ville et tu ne connais personne. Que pourrais-tu faire pour rencontrer de nouvelles personnes?
- Tu participes comme bénévole à un festival. À la fin de la journée, il reste beaucoup de nourriture. Que proposes-tu?
- Tu fais partie du comité organisateur d'un événement. Comment pourrais-tu faire en sorte que l'événement ait un impact positif sur la communauté?
- Tu rencontres une nouvelle personne pendant une activité communautaire. Comment peux-tu créer un lien d'amitié?
- On te propose de devenir bénévole, mais tu hésites parce que tu ne connais personne. Que décides-tu? Pourquoi?
Questions d'écriture
- Raconte une expérience où une rencontre a changé quelque chose dans ta vie.
- Écris un texte pour convaincre quelqu'un de devenir bénévole.
- Imagine ton premier jour comme bénévole au Festival du Bois.
- Rédige une lettre de remerciement aux bénévoles du Festival.
- Écris un article expliquant pourquoi les festivals devraient avoir un impact positif sur leur communauté.
Questions sur Maillardville
- Pourquoi la Société francophone de Maillardville est-elle importante pour les nouveaux arrivants francophones?
- Comment le Festival du Bois contribue-t-il à créer un sentiment d'appartenance à Maillardville?
- Quelles valeurs de la communauté de Maillardville sont mises en avant dans cet article?
- Pourquoi est-il important d'avoir des organismes comme la Société francophone de Maillardville?
- Quels autres projets communautaires aimerais-tu voir à Maillardville?
- Comment les citoyens peuvent-ils soutenir les activités de la Société francophone de Maillardville?
Questions de conclusion
- Quelle partie de l'histoire de l'auteure t'a le plus touché? Pourquoi?
- Quelle est la principale leçon que tu retiens de cet article?
- Quel mot résume le mieux ce texte? Explique ton choix.
- Selon toi, pourquoi les liens humains sont-ils aussi importants que les activités d'un festival?
- Qu'est-ce que le Festival du Bois apporte à la communauté, au-delà de la musique?
- Si tu pouvais retenir une seule phrase de cet article, laquelle serait-ce?
- Comment cet article montre-t-il que le bénévolat peut transformer une vie?
- Que pourrais-tu faire, toi aussi, pour laisser ta communauté « meilleure que tu ne l'as trouvée »?
