
Article #4 - Plus qu'un festival : le Festival du Bois devient facilement une partie de votre histoire !
Par: Sabrina Cerclé
Membre du conseil d'administration, Société francophone de Maillardville
Niveau: Français Intermédiaire
English to follow
Il y a des choses et des endroits que l’on découvre par curiosité et qui, sans qu’on s’en rende compte, finissent par occuper une place importante dans notre vie.
En 2010, je me suis inscrite comme bénévole au Festival du Bois pour plusieurs raisons. Etant encore nouvelle au Canada – nous avons immigré en Septembre 2008 - j'avais envie d'en apprendre davantage sur la culture franco-canadienne, de rencontrer d'autres francophones et de découvrir la musique francophone d'ici. J'ai aussi toujours aimé la musique et les arts, et après avoir consacré nos premières années à nous établir dans notre nouvelle vie, j'avais enfin un peu de temps pour explorer ce que la Colombie-Britannique avait à offrir de ce coté là.
À l'époque, nous habitions à Kitsilano et Coquitlam me semblait tellement loin – mais en faite, c’est pas vraiment le cas, surtout avec un vélo. Mon trajet de Kitsilano jusqu’au Festival du Bois était d’une heure après avoir longé le remblai avec mon vélo jusqu'à Science World, pour ensuite rentrer dans le métro et prendre le SkyTrain jusqu'à la station Braid. Et bam ! me voilà au parc Mackin. C’était aussi simple que ça.
Je pensais simplement donner quelques heures de mon temps pour découvrir une nouvelle communauté dans la banlieue de Vancouver et écouter de la musique, mais cette première expérience au festival a été bien plus que ça.
C'est là-bas que j'ai rencontré Lucie, une autre Française qui a aussi immigré en Colombie-Britannique. Nous sommes rapidement devenues amies et très vite, elle et son conjoint partageaient même nos repas de famille au temps de l'Action de grâce.
Une simple journée de bénévolat s'est transformée en une amitié solide et c'est l’une des magie de ce festival. Il crée des liens qui ne se mesurent pas !
Quelques années plus tard, alors que je me retrouvais entre deux emplois, j'ai eu le privilège de travailler et de gérer les communications et le marketing pour le Festival du Bois 2015. C’est l'un de ces contrats de travail où l'on oublie presque que l'on travaille car l’équipe était géniale, passionnée, talentueuse et c’était vraiment le fun.
C’est aussi grâce à cette expérience que j’ai découvert tout ce qui se cache derrière un grand festival : les centaines d’heures de préparation, les bénévoles, les partenaires, les artistes, les commanditaires, les imprévus… et surtout l’immense passion de toutes les personnes qui travaillent pour faire rayonner la francophonie en Colombie-Britannique.
C'est également à cette époque et lors de ce festival que j'ai tissé de nouvelles amitiés et, même trouvé notre nouvel agent immobilier, Léo Bruneau, de Team Leo. Leo et son équipe ont été extraordinaires lors de notre recherche d’une maison sur Coquitlam et on aime tellement notre chez nous que douze ans plus tard, nous y habitons toujours et nous l'aimons toujours autant.
Tout cela pour expliquer mon attachement au Festival du Bois et pourquoi, lorsque l'on m'a invité à rejoindre le conseil d'administration de la Société francophone de Maillardville (l’organisme qui est derrière et qui organise le Festival du Bois depuis plus de trente ans), j’ai accepté directement. Après tout ce que cette organisation m'a apporté au fil des années, c'était à mon tour de contribuer.
Du coup, cette année j’étais au Festival du Bois en tant que bénévole certes mais plus particulièrement en tant que membre du conseil d’administration, et je ne vous cacherais pas que j'ai ressenti une immense fierté. J’y ai emmené ma famille – d’ailleurs nous avions un cousin d’Angleterre qui était en vacances ici et il a certainement apprécié cette expérience franco-canadienne et surtout la bière faite en l’honneur de Festival du Bois par la brasserie local Mariner Brewery. Si vous ne l’avez pas goutée, rien que pour ça il faut absolument que vous veniez l’année prochaine.
De plus, voir les enfants (et les adultes bien sûr) danser devant les scènes, entendre les accents venus des quatre coins de la francophonie, retrouver des visages connus et accueillir de nouveaux visiteurs… c’est toujours un rappel que le Festival du Bois est bien plus qu’une succession de spectacles.
C’est un lieu de rencontres. Un lieu où l’on crée des souvenirs. Un lieu qui rassemble.
Cette année, le Festival du Bois a encore été un succès….la participation était au rendez-vous, la programmation musicale était exceptionnelle et l'ambiance inoubliable. Mais ce qui m’a particulièrement touchée s'est déroulé loin des projecteurs…..le festival n’a généré aucun gaspillage alimentaire.
À une époque où les grands événements produisent souvent des quantités importantes de nourriture qui finissent malheureusement aux déchets, ceci mérite d’être souligné.
Le festival a clairement démontré qu'il est possible de célébrer notre culture tout en prenant soin de notre environnement et aussi apporter un peu de réconfort et un bon repas à ceux dans le besoin.
Grâce à un partenariat avec Food Link Society, tout a été mis en œuvre pour que les surplus alimentaires encore possible à la consommation soient récupérés et redistribués plutôt que jetés – et franchement, c’est génial et si vous étiez sur le site du festival à la fermeture Dimanche soir, vous avez probablement assisté à une scène particulièrement touchante. Plutôt que de simplement tout mettre à la poubelle, ranger and nettoyer la cuisine pour rentrer chez eux rapidement, la Directrice Générale et les bénévoles ont tout emballé soigneusement - chaque gamelle de soupe aux pois, chaque tourtière et tous les autres aliments encore parfaitement consommables afin qu'ils puissent être livrés en toute sécurité au refuge de Coquitlam. Un geste tout simple, mais qui reflète parfaitement les valeurs du Festival du Bois : la communauté, la générosité et la conviction que les bons aliments doivent nourrir et non pas être jetés.
Et ça, c'est important.
En Colombie-Britannique, le gaspillage alimentaire demeure un enjeu environnemental majeur. Les matières organiques représentent environ le tiers des déchets produits et, lorsque des aliments encore consommables sont envoyés au site d'enfouissement, ils génèrent des émissions de méthane alors que, tout près de nous, des personnes peinent encore à se nourrir. La meilleure solution n'est pas seulement de composter : c'est d'abord de nourrir des gens.
Le succès d'un festival se mesure souvent au nombre de billets vendus, à la renommée des artistes invités ou à ses retombées économiques. Tout cela est important certes mais je crois qu'il se mesure aussi par les valeurs qu'il laisse derrière lui.
Cette année, le Festival du Bois a prouvé que le développement durable n'est pas qu'un mot à la mode. C'est un choix. C'est de la planification. C'est la création de partenariats qui engendre de bons impacts.
Quand je repense au chemin parcouru depuis cette première journée de bénévolat, il y a maintenant plus de quinze ans, je suis tellement fière de ce que nous avons accompli.
Le Festival du Bois a toujours été une célébration de la francophonie. Aujourd'hui, il démontre aussi qu’il est possible d’organiser un événement festif, rassembleur et culturel tout en faisant preuve d’une grande responsabilité sociale et environnementale pour créer quelque chose d'encore plus grand….d’encore plus beau.
Parce qu’au fond, célébrer une culture, c’est aussi prendre soin des gens qui en font partie.
~ Sabrina Cerclé , administratrice au conseil d’administration de la Société francophone de Maillardville

Article #4 - More than a Festival: How Festival du Bois Became Part of People's Stories
Some places become part of your life long before you realize how much they will shape it.
Back in 2010, I signed up as a volunteer for Festival du Bois for more than one reason. Having arrived in Canada less than two years earlier, I wanted to learn more about French Canadian culture, meet other francophones and discover the incredible world of Francophone music. I’ve always loved music and the arts, and after spending my first eighteen months in Canada building our new life, I finally had time to explore.
At the time, we were living in Kitsilano, and Coquitlam felt so far away. In reality, it wasn’t. I would ride my bicycle along the beautiful Seawall to Science World, hop on the SkyTrain to Braid Station, and about an hour after leaving home, I would arrive at Festival du Bois.
The moment I arrived, I knew I had made the right decision. The music, the atmosphere and the warmth of everyone made me feel welcome from the very beginning. What I didn’t know then was that what I thought would simply be a fun day of volunteering would become the beginning of a story that is still unfolding today.
It was there that I met Lucie, another French woman who had arrived in British Columbia a year before I had. We quickly became close friends. Before long, she and her partner were no longer just festival friends. They were gathered around our family’s Thanksgiving table. That’s the magic of Festival du Bois. A single volunteer shift can become a lifelong friendship.
Years later, I had the privilege of working for Festival du Bois. It was one of those rare jobs that never really felt like work because I was surrounded by a passionate, creative and inspiring team. I genuinely looked forward to going to work every day.
During that time, I also formed many more meaningful friendships. I even met our wonderful realtor, Leo Bruneau from Team Leo. We had already purchased our first condo in Coquitlam with another realtor, but when it was time to move into a townhouse for our growing family, I reached out to Leo. He and his team were exceptional. Within months, we had found the perfect home. Twelve years later, we are still there and still love it.
That is why, when I was invited to join the Board of Directors of the Société francophone de Maillardville last year, saying yes felt completely natural. After everything this organization had given me over the years, it felt like the right time to give something back.
Looking back at Festival du Bois 2026, I feel an incredible sense of pride. Attendance was strong, the music was outstanding and the atmosphere was unforgettable. But what makes me proudest is something that happened quietly behind the scenes.
This year, Festival du Bois demonstrated that celebrating culture while caring for our community and our environment can go hand in hand.
Through a partnership with Food Link Society, every effort was made to ensure that surplus edible food was recovered and redistributed instead of being thrown away. Under the leadership of our Executive Director and with the support of dedicated volunteers, food that might otherwise have become waste instead helped feed people experiencing homelessness in Coquitlam, along with others facing food insecurity in our community.
If you had been at the festival on Sunday evening as everything was winding down, you would have witnessed something truly moving. Rather than simply packing up and heading home, volunteers carefully wrapped every pot of soup, every tourtière and every other perfectly edible food item. Everything was packaged with care before being delivered to a local shelter.
It may have seemed like a small act, but it perfectly reflected the values of Festival du Bois: community, generosity and the belief that good food should feed people, not landfills.
And that matters.
In British Columbia, food waste remains a significant environmental challenge. A large portion of what is sent to landfills is organic waste. When edible food is discarded, it produces methane, a powerful greenhouse gas, while people in our own communities continue to struggle with food insecurity. The best solution isn’t simply composting. The best solution is making sure good food feeds people first.
Festivals are often measured by ticket sales, headline performers and economic impact. Those things matter.
But I believe they should also be measured by the values they leave behind.
This year, Festival du Bois showed that sustainability is not just a buzzword. It is a choice. It is planning ahead. It is building meaningful partnerships. It is refusing to let perfectly good food go to waste when it can improve someone’s day, or even change someone’s life.
When I think back to my very first volunteer shift more than fifteen years ago, I could not be prouder of what Festival du Bois has become.
Festival du Bois has always celebrated Francophone culture.
Today, it is also showing that culture, community and compassion can come together to create something much bigger than a festival.
Because in the end, the best festivals don’t simply bring people together for one weekend.
They leave their community better than they found it.
~ Sabrina Cerclé , administratrice au conseil d’administration de la Société francophone de Maillardville

Questions de compréhension
- Pourquoi l'auteure s'est-elle inscrite comme bénévole au Festival du Bois en 2010?
- Comment se rendait-elle au festival depuis Kitsilano?
- Quelle personne importante a-t-elle rencontrée lors de sa première journée de bénévolat?
- Pourquoi cette amitié est-elle importante dans son histoire?
- Quel rôle a-t-elle occupé quelques années plus tard?
- Pourquoi a-t-elle accepté de se joindre au conseil d'administration de la Société francophone de Maillardville?
- Quel partenariat a permis de récupérer les surplus alimentaires?
- Que faisaient les bénévoles le dimanche soir après la fin du festival?
- Pourquoi le méthane est-il mentionné dans l'article?
- Quel message principal l'auteure souhaite-t-elle transmettre?
Questions de réflexion personnelle
- As-tu déjà fait du bénévolat? Qu'en as-tu retiré?
- Pourquoi certaines expériences marquent-elles une vie?
- As-tu déjà rencontré quelqu'un qui est devenu un ami grâce à une activité?
- Que signifie « redonner à sa communauté » pour toi?
- Si tu pouvais être bénévole dans un festival, lequel choisirais-tu? Pourquoi?
- Pourquoi est-il important d'aider les autres même lorsqu'on n'y est pas obligé?
- Quelle valeur (solidarité, générosité, compassion, accueil...) est la plus importante selon toi?
- Comment aimerais-tu contribuer à ta communauté plus tard?
Questions de discussion de groupe
- Pourquoi le bénévolat est-il important dans une communauté?
- Est-ce qu'un simple geste peut changer la vie de quelqu'un?
- Comment un festival peut-il avoir un impact qui dépasse la musique?
- Pourquoi est-il important de créer des liens dans une nouvelle communauté?
- Une organisation devrait-elle mesurer son succès autrement que par ses revenus?
- Comment peut-on rendre une communauté plus accueillante?
Questions de pensée critique
- Pourquoi l'auteure raconte-t-elle son histoire personnelle au lieu de seulement parler du festival?
- Quels sont les avantages du bénévolat pour la personne qui donne de son temps?
- Pourquoi les partenariats sont-ils importants pour réaliser de grands projets?
- Comment le Festival du Bois démontre-t-il que développement durable et culture peuvent aller ensemble?
- Pourquoi les visiteurs n'ont-ils peut-être pas remarqué le travail des bénévoles?
- Selon toi, pourquoi certaines actions importantes passent-elles souvent inaperçues?
Questions Vrai ou faux
- L'auteure habitait déjà à Coquitlam lorsqu'elle est devenue bénévole. (Faux)
- Elle est arrivée au Canada depuis moins de deux ans lorsqu'elle s'est inscrite comme bénévole. (Vrai)
- Le Festival lui a permis de créer des amitiés durables. (Vrai)
- Les surplus alimentaires étaient envoyés directement au compost. (Faux)
- Les bénévoles ont préparé les aliments pour les remettre à un refuge local. (Vrai)
- Le développement durable est présenté comme un choix. (Vrai)
- Le Festival est seulement évalué selon ses ventes de billets. (Faux)
- L'auteure siège maintenant au conseil d'administration de la Société francophone de Maillardville. (Vrai)
Questions de mise en situation
- Tu viens d'arriver dans une nouvelle ville et tu ne connais personne. Que pourrais-tu faire pour rencontrer de nouvelles personnes?
- Tu participes comme bénévole à un festival. À la fin de la journée, il reste beaucoup de nourriture. Que proposes-tu?
- Tu fais partie du comité organisateur d'un événement. Comment pourrais-tu faire en sorte que l'événement ait un impact positif sur la communauté?
- Tu rencontres une nouvelle personne pendant une activité communautaire. Comment peux-tu créer un lien d'amitié?
- On te propose de devenir bénévole, mais tu hésites parce que tu ne connais personne. Que décides-tu? Pourquoi?
Questions d'écriture
- Raconte une expérience où une rencontre a changé quelque chose dans ta vie.
- Écris un texte pour convaincre quelqu'un de devenir bénévole.
- Imagine ton premier jour comme bénévole au Festival du Bois.
- Rédige une lettre de remerciement aux bénévoles du Festival.
- Écris un article expliquant pourquoi les festivals devraient avoir un impact positif sur leur communauté.
Questions sur Maillardville
- Pourquoi la Société francophone de Maillardville est-elle importante pour les nouveaux arrivants francophones?
- Comment le Festival du Bois contribue-t-il à créer un sentiment d'appartenance à Maillardville?
- Quelles valeurs de la communauté de Maillardville sont mises en avant dans cet article?
- Pourquoi est-il important d'avoir des organismes comme la Société francophone de Maillardville?
- Quels autres projets communautaires aimerais-tu voir à Maillardville?
- Comment les citoyens peuvent-ils soutenir les activités de la Société francophone de Maillardville?
Questions de conclusion
- Quelle partie de l'histoire de l'auteure t'a le plus touché? Pourquoi?
- Quelle est la principale leçon que tu retiens de cet article?
- Quel mot résume le mieux ce texte? Explique ton choix.
- Selon toi, pourquoi les liens humains sont-ils aussi importants que les activités d'un festival?
- Qu'est-ce que le Festival du Bois apporte à la communauté, au-delà de la musique?
- Si tu pouvais retenir une seule phrase de cet article, laquelle serait-ce?
- Comment cet article montre-t-il que le bénévolat peut transformer une vie?
- Que pourrais-tu faire, toi aussi, pour laisser ta communauté « meilleure que tu ne l'as trouvée »?
